Peintre du XXe siècle

Auto-portrait sans indulgence
Auto-portrait sans indulgence
huile, 36cm × 29cm
1969

À propos de Guy de Montlaur

J’ai envie de crier : “Mais regardez donc ! Regardez le mystère ! Il vous crève les yeux !”

Et personne ne voit. Personne que moi.

Les gens voient des couleurs, des ombres, des lumières, des formes. Ils voient (que sais-je ?) peut-être la toile et les clous du châssis. Et moi, je ne comprends pas qu’ils ne puissent deviner toute la détresse qui est là, sous les yeux, comme elle était à la guerre : la clameur, la mort, l’amour, la trahison, le mensonge et la peur. Et beaucoup plus encore que je ne puis dire, mais que je sais faire.

Je dis bien : je sais faire.

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Expositions en cours

Date Lieu et description

Exposition permanente

Musée Mémorial Pegasus (Ranville, Calvados)

Exposition permanente du tableau « Pegasus before landing »

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Expositions passées

Pegasus before landing
Pegasus before landing
huile, 81cm × 65cm
Fontainebleau, 1956

Sélection

Hommage à Kandinsky
Hommage à Kandinsky
195 cm × 114 cm
Nice
Sans titre
Sans titre
65 cm × 100 cm
Fontainebleau 1950
L’espoir a fui
L’espoir a fui
92.5 cm × 60 cm
Paris 1960
Souvenir normand
Souvenir normand
46 cm × 55 cm
1972

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Exposition virtuelle

Sainte-Fabeau
Sainte-Fabeau
Huile sur toile, 100 cm x 81 cm
Fontainebleau, mars 1955

Sainte-Fabeau

Ce tableau est représentatif de la période où Montlaur vivait à Fontainebleau. Ce style caractéristique succède au style « abstrait-géométrique » du début des années 50 où formes et couleurs sont parfaitement définies et bien délimitées. Le peintre, après avoir « couvert la toile » , comme il dit, substitue le couteau à palette au pinceau : il casse les contours, les déforme, gratte les couches de peintures pour faire apparaître la ou les couleurs sous-jacentes, les formes résultantes deviennent des créatures fantomatiques, fantastiques, de sombres habitants de ses cauchemars incessants, de ses souvenirs de guerre.

Le titre de la peinture, provient du poème de Guillaume Apollinaire « Les sept épées ». Sainte-Fabeau est la cinquième de ces épées.

La cinquième Sainte-Fabeau
C’est la plus belle des quenouilles
C’est un cyprès sur un tombeau
Où les quatre vents s’agenouillent
Et chaque nuit c’est un flambeau

(Guillaume Apollinaire, Alcools, La chanson du Mal-Aimé, Les sept épées)

Dans cette strophe, c’est la mort qui est évoquée : la quenouille dans les mains de la Parque, le cyprès, le tombeau. L’épée peut être l’un des sept péchés capitaux ou l’un des glaives ayant transpercé le cœur de la Vierge. Comme toujours, Apollinaire joue sur le sens des mots, de même, le peintre joue sur la lumière, les couleurs et les formes de ses créations.

On voit, couchée dans le bas du tableau une forme grise avec un croix rouge, est-ce le tombeau ? d’autres formes, blanches tombent du ciel, d’autres, bleues et noires, agenouillées sont les quatre vents. Montlaur connaissait parfaitement tous les poèmes d’Alcools, il est certain qu’il a voulu reproduire fidèlement dans sa peinture les mots hermétiques du poète.

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La liberté qu'on espère rendre aux pères-peinards. Le sacrifice de George Gicquel

Il y a une chose parfaitement essentielle qu’il ne faudrait jamais oublier, même quand on parle d’une chose aussi dégoûtante qu’une guerre : c’est la liberté qu’on espère rendre aux pères-peinards et à leur infecte famille. Je sais que cette guerre, que je n’ai même pas faite pour “le bon motif”, n’a servi de rien. Ma seule fureur (c’est cela qui sert de courage à ceux qui n’en ont pas) m’a seulement fait remarquer que je ne trouvais pas à mon goût que des gens habillés en verdâtre, à 11h.00 du matin se promènent dans les Champs Élysées avec une musique (il faut être fritz pour ne pas se rendre compte qu’il arrive d’être ridicule) - cette musique comprenait deux “chapeaux chinois” : je ne sais pas si l’on sait ce qu’est un chapeau chinois - tant pis.

Je me suis dit qu’il fallait, le plus vite possible, quitter un pays si peureux.

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