Et la peinture ?

Elle m’apparut comme le moyen justement de dire ces « choses importantes » dont nous ne pouvions parler. Ces choses ne peuvent être exprimées en langage clair. Elles sont proprement indicibles. Elles deviennent floues et finissent par s’évanouir à l’analyse.

On ne peut les évoquer que par allusion.

Oranges et bananes
Oranges et bananes
54 cm × 65 cm
Paris
La nuit des sens
La nuit des sens
65 cm × 92 cm
Nice 1952
La promesse des fleurs
La promesse des fleurs
73 cm × 92 cm
La nuit du 14 au 15 août
La nuit du 14 au 15 août
46 cm × 55 cm
Rotheneuf 1972

Voir la sélection

Arma virumque cano
Arma virumque cano
Huile sur toile, 92 cm x 73 cm
Paris, 12/1975

Arma virumque cano

Montlaur reprend le premier vers de l’Énéide pour expliquer le sujet de sa peinture : il chante les faits d’arme du héros et son parcours après la guerre. Il n’y a pas, dans cette évocation, toute l’horreur du souvenir, pas de sang, peu de noir. Les couleurs, ici sont très inhabituelles, claires et vives et contrastent avec le brouillard vert et bleu du paysage. Au point focal e la peinture, on aperçoit une structure d’un jaune vif, solaire qui pourrait représenter Lavium, fondée par Énée l’ancêtre des jumeaux fondateurs de Rome.

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris
Italiam, fato profugus, Laviniaque venit
litora, multum ille et terris iactatus et alto
vi superum saevae memorem Iunonis ob iram;
multa quoque et bello passus, dum conderet urbem,
inferretque deos Latio, genus unde Latinum,
Albanique patres, atque altae moenia Romae.

(Publii Vergili Maronis, Aeneidos liber primus, 1-7)

Je chante les combats, et ce héros, qui, longtemps jouet du Destin, aborda le premier des champs de Troie aux plaines d’Italus, aux rivages de Lavinie. Objet de la rigueur du Ciel et du long courroux de l’altière Junon, mille dangers l’assaillirent sur la terre et sur l’onde ; mille hasards éprouvèrent sa valeur, avant qu’il pût fonder son nouvel empire, et reposer enfin ses dieux au sein du Latium : du Latium, noble berceau des Latins, des monarques d’Albe, et de la superbe Rome.

(Virgile, Énéide, Chant 1-7)

(Traduction J.N.M. de Guerle., Delalain, 1825)

Voir la rétrospective