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6 juin de Colleville au Plain

… La troupe 1 a été la plus éprouvée. L’enseigne de vaisseau Guy Vourc’h qui la commandait a été touché sur la plage ainsi que les deux chefs de section (officier des équipages Pinelli, maître principal Faure). Elle a eu, au traverser de la plage, 5 tués et 23 blessés graves. Le second maître de Montlaur, qui était le plus ancien des officiers mariniers, prend le commandement de cette troupe. La troupe 8 aura dans la matinée 1 tué et 17 blessés ; parmi ces derniers, le lieutenant de vaisseau Kieffer qui, malgré un large éclat de mortier à la cuisse, participera à l’action.

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6 juin à l'aube

… La traversée vers la France commence avec la nuit qui tombe lentement. On n’a pas vu un seul avion de la Luftwaffe. Chacun s’installe à sa convenance : les uns dans les deux cales, d’autres s’enveloppent dans des couvertures et dorment paisiblement jusqu’au lever du jour. Le vent souffle force 5.

Le jour se lève tout embrumé. A bâbord, on peut voir un contre-torpilleur couler. Son arrière s’élève, solennel comme un menhir, noir sur la mer grise. Une partie de l’équipage barbote alentour. Les deux LCI moteurs en panne, se dandinent maintenant, à peut-être 6 nautiques du littoral. La France n’est pour les passagers qu’une mince bande de sable ocre-jaune. Il y a une houle de fond. On se remet en marche à 06 h 45. Le débarquement aura lieu à 07 h 20.

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La liberté qu'on espère rendre aux pères-peinards. Le sacrifice de George Gicquel

Il y a une chose parfaitement essentielle qu’il ne faudrait jamais oublier, même quand on parle d’une chose aussi dégoûtante qu’une guerre : c’est la liberté qu’on espère rendre aux pères-peinards et à leur infecte famille. Je sais que cette guerre, que je n’ai même pas faite pour “le bon motif”, n’a servi de rien. Ma seule fureur (c’est cela qui sert de courage à ceux qui n’en ont pas) m’a seulement fait remarquer que je ne trouvais pas à mon goût que des gens habillés en verdâtre, à 11h.00 du matin se promènent dans les Champs Élysées avec une musique (il faut être fritz pour ne pas se rendre compte qu’il arrive d’être ridicule) - cette musique comprenait deux “chapeaux chinois” : je ne sais pas si l’on sait ce qu’est un chapeau chinois - tant pis.

Je me suis dit qu’il fallait, le plus vite possible, quitter un pays si peureux.

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La montre

Après la guerre, Guy de Montlaur a toujours porté cette montre. Une Angélus.

La Montre

Il nous disait qu’elle avait appartenu au chef du camp de concentration de Ravensbrück. Jacqueline Péry, qui y avait été déportée en 1944 venait parfois à la maison et nous racontait ce qui se passait dans ce camp de concentration.

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Roland Gabriel

Voici un extrait de ce que le S.M. Guy de Montlaur écrit à propos du 10 juin 1944 :

Contre-attaque Allemande du 10 juin

Le 10 juin, après une nuit relativement calme (si l’on ne tient pas compte des inconvénients qui sont ceux d’une “guerre de positions” - et bien que ces positions soient seulement vieilles de 3 jours) les Fusiliers-Marins Commandos étaient en train de prendre un paisible petit déjeuner à base de chocolat (des rations K) et de bon lait normand, quand le tir allemand commença. C’était toujours le même calibre : 88 mm. Un bon nombre des hommes de la troupe 5 se trouvaient dans la ferme du PLEIN. On n’avait laissé à chaque BREN gun qu’un tireur et on se relayait pour, à tour de rôle, boire son chocolat et manger ses tartines de bon pain français (fabriqué sur place, par les habitants) bien beurré. Petite note personnelle : une tuile est tombée sur ma gamelle de bon chocolat au lait (préparé par GABRIEL) pendant que je suis sorti repérer un sniper.

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